Hélène Peskine : "Nous avons appris que l’humain est essentiel dans l’urbain et que nous sommes partie du monde vivant."

Hélène Peskine : "Nous avons appris que l’humain est essentiel dans l’urbain et que nous sommes partie du monde vivant."

En partenariat avec l'IPSE, entretien avec Hélène PESKINE, architecte et urbaniste en chef de l’État. Elle est actuellement Secrétaire permanente du Plan urbanisme construction architecture (PUCA) au Ministère de la Transition écologique et solidaire et au Ministère de la Cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales. Elle occupait précédemment la fonction de directrice adjointe de Cabinet auprès de la ministre de l’Environnement, de l’Énergie et de la Mer, après avoir été sa conseillère en charge de la transition énergétique, du climat, de l’éco-mobilité et du bâtiment durable. Elle a également exercé la mission de conseillère pour le développement durable, les transports, le logement, et l’énergie au Cabinet du président de l’Assemblée Nationale. Durant près de dix ans, elle a occupé différentes fonctions de direction de projets et de services au sein du ministère et contribué notamment aux travaux et aux études sur le Grand Paris et sur l’aménagement de la région parisienne. Hélène Peskine a créé en 2018, la plate-forme PEPS pour le Progrès Environnemental et le Progrès Social, plate-forme participative de propositions et de débats (www.peps.website) qui a vocation à définir et promouvoir les solutions d’un progrès environnemental partagé et garant de la justice sociale.

 

La pandémie qui a touché l’ensemble de l’humanité en même temps, ainsi que le confinement de près de 2,6 voire 3,3 milliards de personnes (Ndlr : selon le caractère incitatif, à la date du pic de confinement, le 24 mars dernier), qui en a résulté, semblent présager un nouveau rapport de l’homme à son environnement de vie et de travail. Selon vous, la pandémie a-t-elle réellement « ancrée » un nouveau paradigme mettant en exergue dans la conscience individuelle le lien entre inégalités sociales, urbaines et environnementales ?
En France et dans les pays européens, la pandémie a d’abord réveillé la peur. Un sentiment que notre société n’a plus connu de manière intense depuis plusieurs générations, à l’exception des périodes d’attentats terroristes des années 1980, 1995 et 2010, et encore celles-ci étaient plus localisées.
L’humain étant un être vivant rationnel, une fois la sidération passée, il a cherché à trouver des explications. La première est venue du rapport à la nature « sauvage ». Les tribunes se sont multipliées sur les risques inhérents au rapport prédateur que l’homme moderne entretient avec la nature. Tout autant qu’elles accélèrent le dérèglement climatique, les activités humaines détruisent les éco-systèmes et accélèrent l’extinction d’espèces vivantes, c’est un fait pourtant avéré.
Les effets du changement climatique sont désormais visibles, et même chiffrables économiquement, l’adaptation des territoires et l’atténuation des émissions de gaz à effet de serre sont donc en train de s’imposer, appuyés sur l’accord universel de Paris pour le climat adopté à la COP21. Alors que jusqu’à 2020, les effets de l’érosion de la biodiversité mondiale n’étaient pas réellement ressentis comme une secousse suffisamment forte pour faire changer les comportements. Nous pouvons croire, en effet, que cette pandémie véritablement globale, va changer les choses. Nous avons été atteints dans une sphère très intime, notre santé, notre rapport à la mort, et le danger est devenu palpable pour tous.
Le premier effet mesurable est celui du changement de nos comportements de consommation. Et les pouvoirs publics, en particulier les collectivités locales, doivent accompagner ce mouvement, doublement profitable pour l’emploi et pour la santé : produire davantage et mieux dans la proximité, limiter les additifs, reconstruire des chaînes de production traçables, connaître les sources d’approvisionnement, rassurer les consommateurs sur l’origine des produits et limiter la surconsommation. Nous l’avons fait pendant les deux mois et demi du confinement, et je suis persuadée que cela marquera durablement les comportements dans les pays occidentaux. Les électeurs ne s’y sont pas trompés en élisant le 28 juin des candidats engagés pour l’environnement dans les grandes villes, où l’anonymat du voisinage s’ajoute à l’impossible traçabilité des produits consommés, alimentaires ou non, et où la pollution tue chaque année prématurément des citoyens par milliers.
Par ailleurs, le confinement imposé pour faire face à la crise sanitaire a révélé d’immenses inégalités entre les Français en matière de qualité de vie et de logement, notamment dans leur rapport à la nature. Il a m^me inversé brutalement l’échelle de valeurs entre zones très denses et espaces peu denses. Cela doit interroger les pouvoirs publics, locaux et nationaux.
Evidemment, le confinement et la distanciation sociale ne sont pas des situations normales pour la ville. Qu’est ce qui fait la ville ? La concentration (l’intensité) des échanges et des activités humaines (mobilité, équipements, services, commerces) dans un espace limité, les effets d’agglomération qui produisent de la richesse par le foisonnement, génère une créativité particulière, et des opportunités, notamment d’emploi, des équipements et un espace public généreux, communs, partagés…
A l’heure des métropoles reines, la crise de la Covid19 a révélé leurs fragilités : que la vie urbaine est très bruyante et très polluante, que tous les logements ne se valent pas… Imaginons une telle crise pendant l’hiver en matière de consommation d’énergie ou de sur-occupation de logements clos ? Or, le logement existant est le logement de demain … le parc ne se renouvelle que d’1% par an.
Nous avons compris que la primauté au foisonnement économique et social dans les politiques urbaines efface le lien à l’environnement et à la « nature », que la proximité quand elle se transforme en promiscuité, n’a pas que des effets bénéfiques, ni sur la santé, ni sur le bien-être, que notre salon ou notre salle de bains ne sont pas des bureaux, que tous les actifs ne peuvent pas télé-travailler, que les services publics sont essentiels, que l’espace public est démesurément réservé à la voiture, que la forte densité n’est pas toujours une solution optimale, que les solidarités ne sont pas automatiques, et que les voisinages sont souvent anonymes, - voyez comme nous avons traité les personnes âgées en EHPAD…
Ces enseignements sont utiles pour faire bouger les lignes sur les territoires. Car la crise a aussi révélé leur capacité d’agir et leur agilité face à la crise, celle des élus et des leurs services techniques, comme celle des citoyens, des services publics et des entreprises. Nous avons compris que les territoires peuvent agir pour la relance économique, qu’ils sont les premiers remparts contre l’exclusion, et que la réussite des solutions locales repose sur la capacité de coopération et les solidarités de proximité.
En résumé, nous avons appris que l’humain est essentiel dans l’urbain et que nous sommes partie du monde vivant. Gageons que nous ne l’oublierons pas dans les prochains mois et que cela guidera l’action de nouveaux élus.
Au sein de la plate-forme citoyenne PEPS ([http://www.peps.website)/]www.peps.website) que vous avez créée en 2018, aux côtés de responsables et acteurs d’une politique environnementale trans-partisane, vous avez récemment « interrogé » la méthode et certaines propositions de la Convention citoyenne pour le climat.  Etes-vous inquiète d’une certaine forme de « populisme » sous couvert d’un habillage écologique, que l’idée du recours au référendum pour valider les 150 propositions du panel de citoyens, révèle ?
Je trouve l’initiative de la convention citoyenne pour le climat très intéressante, originale et elle a réellement renouvelé les outils du débat démocratique en France. C’est une bonne chose. Les doutes ont été rapidement levés sur la sincérité de la démarche, les participants à la Convention ont été tirés au sort de manière transparente et intelligente, ils ont réellement et régulièrement été informés, guidés, assistés, pour donner toute la force nécessaire à leurs propositions. Ils ont également pris des initiatives qui leur étaient propres, j’ai été de ceux qui ont rencontré les « citoyens » à l’occasion d’un « clim’apéro », le « off » de la convention citoyenne pour le climat.
Je ne remets pas en question la méthode, qui je crois, a été innovante et sincère. Elle mérite d’être réemployée, soit pour d’autres questions de société, soit de manière plus déconcentrée, et je propose d’ailleurs créer partout en France des conceptions citoyennes locales sur ce modèle. A l’issue de ces neuf mois, les 150 ne sont plus tout à fait des « citoyens lambda ». Ils sont un groupe de pression, un corps intermédiaire qui joue presque à jeu égal avec les institutions. C’est une bonne chose car la distance est telle entre les administrations et les citoyens, que le jeu en valait la chandelle. Les citoyens sont devenus presque aussi jargonneux que les techniciens…
Les 150 propositions issues de la convention sont intéressantes, diverses, honnêtes, elles ont fait l’objet de débat, et répondent à l’objectif de réduire drastiquement les émissions de gaz à effet de serre. Les spécialistes ne sont pas très surpris du résultat et montrent parfois de la déception. Mais que pouvions nous attendre de plus ? Il n’y a pas de raison que 25 ans de combat pour le climat produise moins que cette démarche d’ « empowerment » citoyen ! Non, le sujet n’est pas là. La convention porte en elle les germes d’une appropriation massive par la société des réalités du changement climatique, graphe à la pédagogie e à une information transparente, et c’est donc une démarche à défendre et à renouveler.
Ce que je ne souhaite pas, c’est que l’on instrumentalise la démarche, ou qu’on la caricature, au détriment, justement, de ces citoyens engagés, qui ont beaucoup donné, et tiennent légitimement à garder un rôle public. Et c’est ce que je crains qu’il n’arrive. Le discours du Président de la République le 29 juin était très bienveillant et sympathique, mais où est la promesse tenue de prendre des mesures réellement efficaces pour le climat ? Quelle proposition parmi les 150 s’est il engagé à mettre en oeuvre ? Qui en jugera ? Certes, c’est le rôle du Parlement de voter les lois, des administrations de prendre les mesures réglementaires, de l’Europe de gouverner e marché intérieur, des organisations internationales de négocier les traités commerciaux ou la régulation des investissements… Mais se contenter de dire : « vous avez bien travaillé, y plus qu’à … » c’est un peu léger quand on croit, comme moi, à la politique, aux valeurs, à la vision incarnée, face aux bouleversements du monde.
Et concernant le référendum, je me méfie beaucoup de cet outil, s’il est mal employé. Qui va poser la(les) question(s) aux Français ? Et quelle(s) question(s) ? Comment ne pas craindre un peu de manipulation politique à quelques mois de nouvelles élections, et de la fin du quinquennat ? Pouvons-nous répondre par oui ou par non au changement climatique ? C’est un peu tard il me semble. Les élections de dimanche l’ont bien montré, les français ne se posent plus du tout cette question, et c’est heureux. C’est pourquoi le référendum ne peut porter que sur des propositions « d’habillage » - je repeins en vert la Constitution et les vaches seront bien gardées.
S’il porte sur des questions techniques, telles qu’elles ressortent des propositions de la Convention, qui va prendre le temps de donner à tous les électeurs les mêmes clés de compréhension que celles qui ont été fournies aux 150 citoyens ?  Et puis, alors que nous avons vu que la gestion de crise, et une grande partie de la relance économique, tiennent au territoire, quelle utilité d’un référendum national, si ce n‘est un tour à blanc de l’élection présidentielle ? Nous saurons dans les prochaines semaines si cette inquiétude est fondée, je ne demande qu’à être contredite.
Parmi les propositions qui sont ainsi désormais évoquées, celle de l’introduction de l’impact du changement climatique et de la biodiversité dans la constitution française fait débat. Or, certains n’hésitent pas à n’y voir qu’une opération de ce que l’on nomme désormais du « greenwashing » (Ndlr : greenwashing ou écoblanchiment désigne toutes les pratiques marketing visant à user et à abuser des positionnements ou des pratiques écologiques, à des fins seulement mercantiles). Comment dès lors, construire, en profondeur, des sociétés de « bien commun » associant solidarité et responsabilités partagées entre citoyens et responsables politiques ? Y parvient-on à travers une nouvelle approche territoriale, durable, locale et décentralisée ?
 
La plate-forme #PEPS, que je préside, a proposé sa vision du « monde d’après ». Nous avons publié 15 défis et 50 propositions pour une société de conscience et de confiance, que nous appelons « le monde avec ». Le monde AVEC, c'est la capacité de la société de vivre avec les crises (sanitaire, climatique, sociale, économique, terroriste…), de résister aux chocs, de s’y adapter, de s’en prémunir. Le monde AVEC c’est aussi la capacité pour une société de vivre avec les autres (Etat et collectivités, citoyens et pouvoirs publics, ruraux et urbains, entreprises et territoires, chercheurs et politiques, humain et biodiversité…), c’est un régime permanent de solidarité et de coopération.
Croire que la confiance est plus forte que la défiance dans la gestion des défis contemporains, c’est s’appuyer sur les autres, répartir les rôles et les responsabilités, c’est renforcer l’efficacité de l’action publique et de la dépense publique. En la matière la France est une terre de mission… Mais nous serions bien inspirés de regarder attentivement comment l’Allemagne a géré la crise sanitaire !
La société de confiance n’est pas un monde de « bisounours ». C’est un moyen de responsabiliser véritablement les acteurs publics et les décideurs privés, qui partagent notre destin commun. Face à l’urgence, c’est ce type de réflexe qui l’emporte : on l’a vu avec les masques acquis et distribués par les régions, le soutien apporté aux plus fragiles par les villes et les associations, les solidarités de voisinage, la réorganisation des circuits de distribution alimentaire … Alors que souvent l’Etat a fait preuve d’un manque de bon sens étonnant (déconseiller les masques, puis interdire aux pharmacies de les vendre, laisser fermés les parcs et jardins à Paris, rigidifier les conditions de reprise de l’école, laisser fermées les universités…).
Même animé des meilleures intentions du monde, et je ne doute pas que c’était le cas, rien ne remplace la connaissance du terrain, de l’humain, dont dispose celles que j’appelle « les société locales ». La bienveillance n’est pas une faiblesse (pour reprendre une expression qu’un opposant politique a utilisé pour qualifier la première ministre néo-zélandaise), la confiance non plus. Coopérer, c’est mieux gouverner.
 
Le Président de la République, Emmanuel Macron, rappelle volontiers, la nécessité de re-localiser en Europe ou dans le voisinage européen des pans entiers de la production industrielle et de la base technologique que nous avons - contraints ou sciemment - délocalisés en Chine. Le bassin méditerranéen et le continent africain sont-ils la nouvelle frontière d’une mondialisation à repenser ?
 
C’est l’autre grande révélation de la crise Covid : l’incroyable dépendance du monde occidental aux sites de production asiatique. La dispersion planétaire des chaînes d’approvisionnement et la surspécialisation de certaines régions du monde est apparue cruellement à la fermeture des frontières. Sans prôner une démondialisation caricaturale, qui pénaliserait autant l’Europe que ses concurrents commerciaux, c’est une véritable question de survie individuelle et collective que de repenser nos outils de production, et les chaînes de valeurs associées.
La crise climatique nous l’impose déjà, car les transports de composants à travers le monde sont de gros émetteurs de gaz à effets de serre. La crise des ressources (sable, eau, terres rares…) doit nous interroger aussi, quand on sait comment ces objets essentiels ou de grande consommation sont produits. La solidarité et le respect des droits de l’homme doivent nous conduire à envisager le déploiement de normes de type RSE systématiques dans les contrats d’approvisionnement de produits distribués en Europe et sous marque européenne.
La question de la relocalisation vient dans un second temps. Comme une conséquence de l’impossibilité de faire respecter par bon nombre de nos partenaires commerciaux de véritables notes sanitaires, sociales et environnementales. Alors il faut trouver le modèle économique qui permet le rapatriement en Europe et, en effet, en Afrique du Nord (notamment), de ces approvisionnements, dans un double souci de co-développement, et d’amélioration des conditions de productions, pour l’environnement comme pour les travailleurs. Cela exige deux conditions : un dispositif fiscal, ou de bonus/malus européen favorisant les fournisseurs qui respectent la responsabilité sociale et environnementale, ou favorisant les circuits courts et les modes de transports propres, et la capacité des territoires et des entreprises à organiser ensemble, intelligemment cette relocalisation d’activités et la diversification des approvisionnements, en fonction des ressources des territoires (physiques et environnementales mais aussi en savoir-faire et formations).
A Toulouse, Airbus construira peut-être moins d’avions, mais toutes les entreprises de systèmes embarqués qui travaillent dans son sillage peuvent trouver à se diversifier dans d’autres secteurs industriels. Il faut considérer ces savoir-faires comme un éco-système économique à réemployer. En Auvergne, il serait absurde de ne distribuer le Cantal ou le Saint-Nectaire que dans la zone de production !
La plate-forme #PEPS, dans sa note sur l‘océan, avait proposé de conclure un Pacte social et environnemental autour de a Méditerrannée. Inversons mentalement la carte pour faire de Mare Nostrum un plein quand les pays qui la bordent sont des vides. On voit alors le bien commun que constitue cette ressource pour l’alimentation, le développement économique, le transport. On réalise aussi la densité de population à ses berges et l’immense pression qu’elle subit. Notre pacte visait à reconnaître ce bien commun et à orienter les échanges européens vers le Sud de la Méditerrannée en participant activement à son développement durable, par exemple par le soutien à la production d’énergie verte et de fruits et légumes bios au Maghreb.
Il faut utiliser la mondialisation de manière positive, comme la valorisation mondiale de biens  matériels et immatériels produits sur des sols singuliers, aux identités fortes et diverses, et limiter la sur production et la sur-consommation de produits standardisés et sans valeur ajoutée.  La mondialisation bienveillante, c’est aussi protéger l’humanité des conflits en organisant un développement soutenable.
 
Devait se tenir à Marseille, en juin, le Congrès mondial pour la nature (reporté en janvier 2021) ; devait se tenir également, en octobre prochain, à Kunming, en Chine, la 15ème Conférence des parties (COP 15) à la Convention sur la diversité biologique. Ce rendez-vous est désormais prévu en 2021, sans que l’on sache vraiment quand…La pandémie et son insuffisante anticipation pour ne pas dire son inégale gestion au niveau national et multilatérale (Ndlr : au niveau de l’Organisation mondiale de la Santé - OMS -, notamment) ne rend-elle pas urgente la réflexion autour d’une nouvelle gouvernance sanitaire ? Faut-il créer un Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution de la biodiversité, GIEB (Ndlr : sur le modèle du GIEC - Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) ?
 
Il existe déjà un groupement de scientifiques qui travaille sur la biodiversité, c’est l’IPBES. Il faut espérer que la crise sanitaire mondiale a réveillé les attentes citoyennes, publiques et gouvernementales vis à vis de la protection de notre environnement. C’est tout l’enjeu du congrès de l’UICN qui devrait se tenir en janvier prochain, et c’est une bonne nouvelle que la France ait choisi de l’accueillir, d’autant plus au bord de la Méditerranée.
 
Pour ce qui est de la gouvernance sanitaire, nous disposons de l’organisation mondiale de la santé, que l’Europe aurait beau jeu de reprendre un peu en main,  y compris en mobilisant ses laboratoires pharmaceutiques et centres de recherche médicale de premier plan, après les questions suscités par l’influence que la Chine pourrait avoir sur ses décisions. 
 
Pour ce qui est de la régulation commerciale, les Etats du monde se sont dotés de l‘organisation mondiale du commerce, qui doit être le lieu de la régulation des effets environnementaux es échanges. La crise mondiale et brutale que nous venons de connaître devrait réveiller de telles velléités au sein des organisations que l’humanité à conçues pour gérer collectivement ce type d’événements globaux.
 
Personnellement, je milite plutôt pour la création d’un GIEC des métropoles, un groupement d’experts et de chercheurs qui saurait mesurer les risques et conseiller les pouvoirs publics sur les moyens de limiter les crises majeures liées à la ville et à la « métropolisation » : densité, pollutions, perte d’ancrage local, destruction d’espaces naturels…
 
On dit souvent que nous vivons désormais dans un monde sans frontières, structuré par des échanges planétaires qui échapperaient aux Etats et aux régulations démocratiques. La pandémie de Covid 19 nous l’a montré également, et il faudra essayer d’y remédier, pour faire de l’échelle continentale la nouvelle maille de « proximité » des marchés économiques.
 
Mais le monde n’est pas sans frontières. Les frontières physiques des ressources de la planète sont désormais connues. Et c’est ce que nous devons avoir en tête lorsque nous examinons notre capacité à protéger les espèces et les espaces de biodiversité. Les ressources de la planète constituent une frontière de l’humanité. Sans ressources, nous disparaîtrons. Pas la planète Terre.

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  • Emmanuel Dupuy
    a publié cette page dans Actualités 2020-07-02 14:57:44 +0200
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