[COVID-19] il faut des centres de décisions dans les territoires, au plus près des besoins.

[COVID-19] il faut des centres de décisions dans les territoires, au plus près des besoins.

Juste quelques réflexions au sujet d'un confinement imposé… et d'une impression de flottement du côté d'un pouvoir, qui après s'être caché derrière des scientifiques pour transformer une pénurie lourde de conséquences, en stratégie sanitaire, reprend la main de façon surprenante et tout aussi déroutante.

 

De fait cette nouvelle forme de "guerre" contre un ennemi invisible, a transformé les médecins des sociétés savantes en chefs de guerre, lesquels ont semblé prendre les décisions à la place des politiques, pour le moins confus.

 

Sur les plateaux de télévision, ces médecins chargés d'organiser la défense tout en gérant la pénurie de moyens qui n'avait par ailleurs pas été anticipée, nous ont expliqué que la seule solution était un confinement drastique afin d'éviter la surcharge des hôpitaux. Si nous restions chez nous tout irait bien !

 

Mais des blouses blanches de terrain sont venus chambouler ces belles certitudes et témoigner de la réalité à l'hôpital. Ils nous expliquaient qu'ils avaient effectivement besoin de la solidarité des français pour éviter la saturation et le débordement des hôpitaux, mais surtout pour dénoncer un système de santé inadapté et fragilisé par un manque de lits de réanimation, un manque de masques, un manque de matériels ou de médicaments divers… enfin bref dénoncer la pénurie.

 

Les soignants et les médecins étaient mal protégés et travaillaient malgré tout courageusement. Certains généralistes l'ont payé de leur vie ! Encore merci à eux de tout cœur...

 

Le politique, comme je l'ai écrit plus haut, semblant pris au dépourvu par cette crise sanitaire, face au manque évident de matériels et à la perspective annoncée d'une mortalité effrayante, s'est caché derrière une caution scientifique et médicale, portant la stratégie proposée par le conseil scientifique…

 

Mais finalement, sur quels fondements repose cette décision, qui, une fois le principe établi, a néanmoins poussé certains médecins à dénoncer une pénurie catastrophique pour la gestion de cette crise ?

 

Dès le départ, deux affirmations totalement contradictoires nous ont tous surpris. Pour éviter l'engorgement des hôpitaux et protéger la population on nous a demandé de rester chez nous. Dans le même temps, on nous expliquait que seule une immunité collective de 70% de la population permettrait d'éteindre le virus. Sachant que le vaccin n'est pas pour demain, et que le virus a de bonne chance d'être saisonnier, on se demande comment nous allons passer l'hiver.

 

On peut dès lors se poser plusieurs questions sur la légitimité d'un plan qui a tout de même fragilisé toutes nos libertés fondamentales.

> Comment peut-on développer une immunité collective en restant confiné, cette immunité devenant primordiale en l'absence de vaccin y compris pour protéger les plus fragiles ?

> Pourquoi confiner toute une population alors que le virus n'est dangereux que pour 5% d'individus, qui sont identifiés, sachant que cela ne signifie pas 5% de mortalité ?

> Les tests et les masques auraient-ils permis un confinement moins drastiques ?

> Ce confinement imposé aux français, qui a n'en pas douter va avoir des conséquences économiques désastreuses, n'est-il pas le fait d'une inadaptation de notre système de santé ?

> Comment expliquer les différences avec l'Allemagne, notamment en nombre de lits de réanimation ? Est-il normal, d'ailleurs, qu'on ne compte que 5000 lits de réanimation en France ?

> Alors que même Bill Gates avait prédit un risque de pandémie, qu'en est-il des modélisations en France et des mesures prises pour y faire face ?

 

On pourrait, je suppose, me reprocher mon manque de confiance envers un État protecteur qui avec 57% de dépenses publiques ne peut pas faillir. Mais mon esprit rebelle essaye de comprendre pourquoi l'état me prive de liberté, ce que bien entendu j'accepte quand la décision est justifiée.

 

Il semble que pour prendre leur décision, le conseil scientifique se soit appuyé sur des prévisions catastrophiques faites par des chercheurs de l'Impérial Collège et par l'utilisation de modèles mathématiques.

 

Mais les prévisions scientifiques établies grâce à des modélisation mathématiques ont des limites, connues par les scientifiques.

 

Il est intéressant de lire Juliette Rouchier économiste et directrice de recherche au CNRS qui explique que : " la science et les chercheurs vivent dans une temporalité longue". Elle ajoute que pour le Covid19 le degré d'incertitude de sa propagation est tel qu'il est délicat de faire des analogies avec les modélisations existantes !

 

On comprend mieux l'incertitude qu'il y aurait à extrapoler dans l'urgence un modèle de diffusion du covid19. La recherche d'une modélisation de l'évolution de ce virus sera longue… Et le vaccin n'est pas pour demain !

 

Il paraît donc logique que navigant à vue, avec un système de santé non préparé et un manque de matériel de protection, on aboutisse aux mesures drastiques du confinement.

 

Quid du politique ?

 

Aujourd'hui, pressé par l'urgence et la crise économique qui menace, le politique a visiblement repris la barre énergiquement.

 

Pour sortir du confinement en évitant autant que possible une seconde vague de contamination, il a cherché ses certitudes auprès des médecins, mais aussi sur le terrain source d'informations cruciales et de bon sens.

 

Sortir du confinement avant que les effets collatéraux, une crise humaine, économique et sociétale, ne deviennent à leur tour pire que le confinement et anxiogènes dans une des populations les plus déprimées du monde, est l'urgence du moment. Mais cette fois le pouvoir n'exagère-t-il pas en annonçant la lecture du plan de déconfinement devant l'assemblée avec débat et vote immédiat ? N'y aurait-il pas excès de vitesse ?

 

Partant du principe qu'en chaque chose malheur est bon, je me suis demandée quelles leçons il conviendrait de tirer de cette crise sanitaire ?

 

Tout d'abord, pour une meilleure prise de décision, je propose de repenser le rapport entre le politique et la science et d'améliorer la culture scientifique des politiques. L'expérience du VIH n'a visiblement pas servi.

 

Le choix fait par le politique est fondamental. Il engage le sort des français et parfois leur vie au sens propre. Il faut des hommes préparés.

 

Afin d'éviter la pensée d'un groupe et ses failles, il faudra en cas de crise réunir des expertises diverses et représentatives, porteuses en plus d'une priorité sanitaire de valeurs sociétales économiques et morales. Il faudra également réfléchir à un modèle mathématiques plus équilibré et plus représentatif, intégrant données économiques et conséquences humaines afin de mieux guider les choix.

 

Le politique tranche en dernier ressort, mais il lui faut des conseils pertinents et éclairés.

 

En situation de crise, il faut de la transparence pour obtenir l'adhésion de la population, éviter de mentir pour en réalité masquer une défaillance. Dans le cas présent en nous expliquant que les masques n'étaient pas utiles, qu'il ne fallait pas en mettre.

 

Il faut à fortiori éviter le mépris et l'arrogance… Non, les Français n'étaient pas trop bêtes pour utiliser les masques !

Cette communication désastreuse a entraîné un réflexe de défiance, des vols de masques et de gels avec le développement d'un véritable marché noir… les généralistes n'avaient pas de masques, les policiers non plus… Mais dans la rue les masques fleurissaient !

 

On comprend aussi que les lourdeurs administratives d'un état jacobin et centralisateur ont été un frein dans cette guerre.

 

Combien d'entrepreneurs se sont vu reprocher leurs initiatives de bon sens parce qu'ils contrevenaient à la loi ?

 

Quid de l'absence de coordination sur le terrain du fait de l'éloignement du centre de décision et donc d'une information floue, laissant les maires et leurs population indécis ?

 

Et que dire de ceux qui prenant des décisions se faisaient rappeler à l'ordre ?

 

L'état, centralisateur jusqu'au bout, a décidé que la communication serait resserrée autour du premier ministre pour maintenir la cohésion de l'information. Mais voyons est-il possible de communiquer, de gérer toute la France de Matignon même en visioconférence?

 

Et combien de personnes dans l'attente d'un décret, d'une loi pour agir ? Les vétérinaires ont attendu trois semaines pour être autorisés à pratiquer des tests PCR alors qu'ils avaient les fameuses machines et les écouvillons permettant de tester des personnes.

 

L'État a fait de son mieux et a pris de bonnes décisions notamment pour sauver l'économie, mais on le voit il faut des centres de décisions dans les régions, dans les territoires au plus près des besoins.

 

En période de pandémie les décisions doivent être rapides et adaptées. Il faut savoir déléguer et faire confiance aux élus locaux.

 

Il est impératif de revoir notre système de santé à l'aune de la décentralisation.

 

Regardons du côté de l'Allemagne qui s'en sort une fois de plus bien mieux que nous.

 

Voilà ce que je ressens du fond de mon confinement avec un pincement côté libéral, car je suis libérale…  et toutes les mesures prises pendant cette crise sont autant d'atteintes à la liberté…

 

J'espère qu'avec l'arrivée des masques, et grâce à la responsabilité des français qui ne sont pas si bêtes et qui n'ont certainement plus envie de revivre une quarantaine forcée, nous allons retrouver nos libertés, éviter la seconde vague annoncée, sans peut-être qu'il soit besoin de nous tracer.

 

Car le prochain vaccin contre le Covid19 n'est pas pour demain et l'habitude aidant, la tentation pourrait être forte de maintenir cette application de traçage… si bien sûr on arrive à la mettre en place, car il semble que les coûts financiers de cette application aient été largement sous-estimés ou ignorés.

 

Alors bon déconfinement et maintenant que la crise est "quasi" derrière nous, il va vraiment falloir réfléchir collectivement au système de santé que nous voulons sans oublier que nos dépenses en matière de santé sont parmi les plus importantes des pays de l'OCDE… Juste derrière les États-Unis… que nos médecins et tous les soignants sont excellents courageux et dévoués, mais qu'il semble bien que notre système ne soit plus très adapté.

 

Isabelle Nore Vidal.

 

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