[COVID-19] L'appel d'un collectif de médecins italiens travaillant en France.

[COVID-19] L'appel d'un collectif de médecins italiens travaillant en France.

Des médecins italiens travaillant en France lancent un appel. Il est selon eux nécessaire de tirer les leçons de ce qui se passe en Italie pour prendre des mesures capables de contenir la progression de la pandémie dans l’Hexagone.

 

L’Italie, non sans peine, essaie de contenir au maximum la propagation du virus en Europe, en délimitant notamment des zones rouges. Nous devons profiter des semaines de délai gagnées pour mettre en place tous les moyens de prévention et de limitation nécessaires sur le territoire français, en particulier dans le secteur de la santé.

 

À travers cet appel, profitant de l’expérience de collègues expérimentés qui travaillent en Italie dans les zones rouges, nous voulons faire des propositions, à même d’aider les autorités françaises à mettre en place un protocole organisationnel dans les établissements de santé, celui-ci ayant pour finalité :

1. Le maintien d’une activité de santé de haut niveau, efficace et attentive à tous les aléas ;

2. Éviter de mettre en danger les patients qui sont globalement en bonne santé, en les exposant inutilement à un risque d’infection ;

3. Bloquer en particulier tout accès hospitalier aux patients les plus fragiles (dialysés, immunodéprimés, greffés et sous chimio-radiothérapie), en les orientant d’ores et déjà exclusivement vers des services ambulatoires ;

4. Préserver la santé des médecins et des agents de santé indispensables pour traiter les malades, infectés ou non par le Covid-19, en évitant, comme cela s’est produit en Italie, que les médecins et le personnel soignant touchés par le virus soient contraints, par manque de personnel, à reprendre leurs fonctions avant la fin de leur quatorzaine.

 

Sur la base des expériences italiennes, nous soumettons les propositions suivantes.

 

Protection de tout le personnel qui travaille dans le domaine de la santé

 

Nous entendons par là les hôpitaux et les cliniques, les établissements médico-sociaux, les cabinets de santé et plus largement tous les individus en contact avec les personnes ayant recours aux services de santé, au-delà des «cas possibles» et des «cas confirmés».

 

Pour les consultations externes :

- Tout le personnel médical et non médical qui exerce en ambulatoire doit nécessairement, comme préconisé par l’OMS, porter au moins un masque chirurgical (en le changeant toutes les 4 heures) ;

- Le personnel qui, dans son activité quotidienne, travaille à moins d’un mètre de la bouche de patients (ophtalmologiste, etc.) ou effectue des examens de type invasif (endoscopies digestives, ORL) des hautes voies respiratoires, doit porter au moins un masque FFP2 ;

- Les bilans annuels et semestriels des patients, globalement en bonne santé, doivent être reportés à au moins 3 mois ;

- Les consultations des patients atteints de maladies chroniques ou aiguës ainsi que les consultations interservices, qui ne peuvent pas être reportées, doivent être programmées avec un intervalle entre elles d’au moins 20 minutes. Les patients doivent toujours être équipés d’un masque chirurgical et avoir à leur disposition une solution hydroalcoolique de désinfection.

 

Pour les urgences :

- Prévoir un triage infirmier ou médical qui sélectionnera les patients soupçonnés de Covid-19, suivi d’une évaluation de la température corporelle ;

- Fournir un itinéraire hospitalier distinct pour tout patient soupçonné de Covid-19.

 

Pour les activités au bloc opératoire :

- Reporter l’activité chirurgicale programmée qui ne présente pas de caractère urgent, tout en privilégiant l’activité des urgences grâce à l’identification d’une section de personnel dédié séparée de celle qui sera plus régulièrement en contact avec les cas possibles et confirmés de Covid-19 ;

- Fournir des plans pour la régulation des salles de bloc opératoire pour les services de réanimation en cas d’urgence.

Achat et mise à disposition de matière sanitaire en prévision d'une phase plus grave incontournable.

 

Prévoir dans les hôpitaux l’approvisionnement de tout le matériel nécessaire de réanimation, en particulier les respirateurs et le matériel annexe pour la gestion des cas de syndrome respiratoire aigu, constitue une nécessité anticipant toute évaluation économique. De plus, tout hôpital ou clinique doit se préparer, d’ores et déjà, à réorganiser, si besoin, les salles de bloc opératoire en salles de réanimation. En effet, les données disponibles sur le site de l'OMS prouvent qu’il n’y a essentiellement qu’une différence d’ordre temporel entre le nombre de patients positifs et le nombre de patients décédés. Par conséquent, le nombre de patients nécessitant des soins intensifs, au-delà de toute différence démographique observable, sera très probablement bien supérieur à la capacité actuelle de ces lits spécialisés en France.

 

La France et l’Italie sont deux grands pays européens : c’est uniquement en partageant les expériences et les compétences que nous pourrons contenir cette épidémie, et retourner plus rapidement à la normale.

 

Source : FigaroVox/Tribune


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