[COVID-19] Les leçons à retenir pour combattre drastiquement la crise écologique.

[COVID-19] Les leçons à retenir pour combattre drastiquement la crise écologique.

 

Avant de rentrer dans le vif du sujet, soyons sans ambigüité : la crise sanitaire que nous traversons est évidemment un véritable drame et aujourd'hui, une seule chose doit occuper la pensée de tous nos gouvernants : y mettre fin. Néanmoins, elle ne doit pas nous empêcher d'émettre des réflexions, voire de faire un parallèle avec une autre crise qui sévit et qui est hélas destinée à s'aggraver : la crise écologique.

 

Pour faire face à cette terrible pandémie que nous subissons, le gouvernement a pris des mesures drastiques : confinement renforcé, arrêts brutaux de certaines activités conséquentes en terme de masses salariales, fin des déplacements non vitaux, etc... 

 

Ces mesures exceptionnelles étaient évidemment indispensables à prendre pour faire face à cette urgence, et nous ne pouvons que les saluer. Elles auront sans doute possible un impact sur la diminution de la propagation du virus, et donc sur le nombre de cas à sauver, même si hélas, les hôpitaux sont déjà débordés et que le bilan sera lourd.

 

Cette crise nous aura donc au moins appris une chose : à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles pour sauver la population. Dès lors, une question se pose : pourquoi ne pas avoir les mêmes intentions face à la crise écologique exceptionnelle que nous traversons ?

 

Quelques rappels chiffrés pour que nous prenions tous conscience du sujet : en France, 48 000 personnes meurent de la pollution chaque année. Récemment, à cause du réchauffement climatique, un nuage de plusieurs milliards de sauterelles a envahi 15 pays d'Afrique, dévorant les récoltes et plongeant dans la famine plusieurs dizaines de millions de personnes. Les phénomènes climatiques dus à l'Homme vont entraîner un réchauffement de certains territoires qui deviendront invivables, et vont immanquablement provoquer des déplacements massifs de population, entraînant un déséquilibre géopolitique sans précédent. 60% des animaux sauvages ont disparu ces quarante dernières années et malgré cela, l'extinction du vivant continue de s'aggraver. La réduction de plus en plus importante des espaces de vie des animaux entraîne une disparition des espèces. Enfin, si nous dépassons les 3 degrés de température, et au regard de nos comportements, nous y fonçons tout droit, cela créera une instabilité alimentaire planétaire. Oui, même pour les pays développés.

 

Et pourtant, les mesures qui sont prises pour affronter la crise climatique sont infiniment ridicules par rapport au désastre annoncé par les scientifiques. Faudra-t-il, comme hélas lors de cette crise du COVID-19, que ces problèmes frappent à notre porte pour agir de manière drastique ? Ne faudra-t-il pas plutôt tirer les enseignements de cette crise pour comprendre que pour éviter des catastrophes, il faut agir de manière conséquente très en amont ?

 

Nous pourrions analyser certaines données de cette crise pour engager des lignes directrices fortes à l'avenir face au réchauffement climatique. Par exemple, l'arrêt presque complet du transport aérien, maritime et individuel, la réduction très forte des déplacements de population a entraîné une baisse importante de la pollution, et ainsi a fait du bien à la nature. Plutôt que de relancer les transports exactement comme ils fonctionnaient auparavant, faisons en sorte que la pollution de l'air ne redevienne pas comme avant en réinterrogeant la pertinence de certains services.

 

De manière générale, de la même façon que le chef de l'État et le gouvernement écoutent les recommandations des scientifiques face au COVID-19, ils devraient écouter les recommandations des écologues face à la crise climatique. Même si cela doit entraîner certaines privations de libertés auprès de la population, il faut le faire. Les Français ont parfaitement compris pourquoi leurs libertés étaient fortement réduites en ce moment, je ne vois pas pourquoi ils ne comprendraient pas que, pour éviter la catastrophe écologique, il faudra se priver de certaines choses qu'on avait coutume de faire par le passé. Si cela peut sauver des millions de vies humaines et des milliards de vie animales, si les choses sont bien expliquées, je vois mal le peuple se révolter face à cela.

 

Le Président Emmanuel Macron a annoncé hier qu'après la crise, un plan massif d'investissements et de revalorisation des carrières dans le milieu hospitalier sera mis en place. C'est une très bonne nouvelle, mais il aurait été heureux que cela se fasse avant. Faut-il toujours attendre que l'urgence soit là pour prendre des mesures de bon sens ? Je propose une chose supplémentaire au Président de la République : quand cette crise sanitaire sera derrière nous, il faudra qu'il engage aussi un plan massif d'investissements de lutte contre le réchauffement climatique, afin que la France devienne un exemple que suivront les autres pays développés.

 

La santé, l'écologie et le social, voilà les trois domaines dans lesquels il faut que nous agissions massivement. Et maintenant.

 

Laurent Martin.

 

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