L’épidémie de Covid-19 nous pousse à repenser l’organisation de notre offre pédagogique à l’heure numérique.

L’épidémie de Covid-19 nous pousse à repenser l’organisation de notre offre pédagogique à l’heure numérique.

Depuis le 16 mars 2020, nos écoles, collèges et lycées se sont vidés de leurs élèves pour n’accueillir que les enfants des personnels soignants. Face à cette situation inédite, le ministère de l’éducation nationale a d’emblée mis en place une série d’outils numériques visant à assurer la continuité pédagogique.

 

MOOCs, e-apprentissage, environnement numérique de travail, encyclopédies en ligne… les modes et les moyens d’apprentissage ont été bouleversés par la révolution numérique. L’accès illimité à la connaissance et aux savoirs a modifié notre manière d’apprendre et d’enseigner. La maîtrise et la bonne utilisation des outils et de l’écosystème numérique dans son ensemble sont des conditions sine qua non pour assurer une continuité pédagogique de qualité.

 

C’est dans cet objectif que le Sénat a inscrit dans la loi pour une école de la confiance l’exigence d’une formation des formateurs, c’est-à-dire des enseignants, dans les ESPE (Instituts Nationaux Supérieurs du Professorat et de l'Éducation). En effet, la pédagogie délivrée par voie numérique ne doit pas s’affranchir de la relation essentielle qui lie l’élève à son enseignant, d’où la nécessité pour ce dernier de maîtriser les outils qui sont mis à sa disposition par l’éducation nationale. C’est pourquoi, comme je l’ai démontré dans mon rapport Prendre en main notre destin numérique : l’urgence de la formation, la formation au numérique est devenue un enjeu essentiel de l’éducation au XXIe siècle.

 

Si les modalités d’accès aux ressources pédagogiques ont très vite été identifiées par l’éducation nationale et mises à disposition par l’intermédiaire du CNED (Centre National d'Éducation à Distance), se pose désormais la question de l’accès des élèves à ce contenu dématérialisé. En effet, 5% des 12 millions d’élèves ne disposent pas d’un équipement informatique adéquat ou d’une connexion Internet de qualité, posant dès lors un problème d’une rupture d’égalité entre les élèves. Par ailleurs, l’enseignement à distance pourrait avoir pour conséquence un creusement des inégalités sociales entre élèves du fait du rôle accru de parents aux parcours différents dans leur accompagnement scolaire.

 

Enfin, le recours systématique aux écrans, notamment chez les plus jeunes, pose une question de santé publique[1]. En cette période de confinement, les enfants sont déjà surexposés. En ajoutant la lecture sur écran, le risque devient réel pour leur développement.

 

Le recours au numérique peut être une chance pour assurer la continuité pédagogique mais doit s’assortir de conditions d’usage et d’égal accès aux contenus.

 

Catherine Morin-Desailly,
Sénatrice, Présidente de la commission culture, éducation et communication,
[1] Auteure d'une proposition de loi visant à lutter contre l'exposition précoce des enfants aux écrans.

 

 

 

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