Covid19 nos interrogations sur la stratégie de vaccination

Covid19 nos interrogations sur la stratégie de vaccination

Depuis maintenant plus d’un an, nous sommes plongés dans une crise sanitaire qui affecte nos familles et nos proches, notre santé et nos vies en général. La circulation du virus reste très élevée en France, le taux d’incidence est supérieur à 300 cas pour 100 000 habitants, avec des restrictions quasi permanentes depuis le mois de novembre, soit 6 mois après le 2ème confinement. Plus de 30 000 malades du covid_19 sont encore hospitalisés, avec près de 6000 patients en soins critiques, ce qui nous rapproche du record d’il y a un an de près de 7000 patients

La situation est donc toujours très tendue en France, avec un niveau de saturation des soins critiques qui dure depuis plus de 6 mois et malheureusement notre prochaine entrée dans le club des pays qui connaissent plus de 100 000 morts du covid_19.

La stratégie de vaccination découle certes de décisions européennes, notamment du feu vert du régulateur européen sur l’approbation des vaccins, des livraisons de ces dits vaccins en fonction des commandes réalisés par l’union européennes et des engagements contractuels avec les laboratoires. Elle dépend aussi et surtout de décisions souveraines, sur l’organisation, la logistique et l’exécution de la campagne de vaccination.

En France, notre stratégie de vaccination a connu des ratés importants par rapport à d’autres pays beaucoup plus efficaces que nous et c’est qui explique en partie la situation actuelle que nous connaissons actuellement. Voyons en quelques exemples concrets.

Notre pays a tout d’abord fait le choix de raccourcir les délais entre la première et le deuxième injection alors que d’autres pays comme la Grande Bretagne ont fait le choix de prioriser la première dose.  Cela a permis à la Grande Bretagne de vacciner près de 30 millions de personnes versus moins de 8 millions en France à fin mars. La Haute Autorité de Santé avait pourtant estimé que l’allongement du délai à six semaines aurait permis « de vacciner au moins 700.000 personnes de plus le premier mois » et plusieurs études avaient démontré l’efficacité du vaccin Pfizer dès la première injection (avec un niveau de plus de 85%)… Ces préconisations auraient dû être suivies et cela n’a pas été le cas.

Sur le sujet des vaccinodromes, nous avons tardé à annoncer leur ouverture alors qu’en réalité ils permettent d’administrer jusqu'à 2.000 personnes par jour. La priorité aurait dû être donnée dès le départ à ce circuit de distribution ; ce qui aurait permis de mieux gérer la logistique associée à cette campagne de vaccination en évitant l’éparpillement des circuits de distribution et de limiter les gaspillages identifiés avec la non utilisation de certaines doses.

A Paris, quelques élus très pragmatiques et très efficaces, dont Rachida DATI dans le 7e ainsi que l’ensemble des maires du Groupe CHANGER PARIS (les 6e, 8e, 15e, 16e et 17e arrondissements) souhaitent proposer une vaccination prioritaire des enseignants, personnels travaillant en milieu scolaire, policiers et personnels de justice tout en respectant le calendrier fixé au niveau national auprès des populations les plus à risque, en leur administrant notamment les doses non utilisées des centres de vaccination parisiens. Certains ont déjà commencé à effectuer ces vaccinations, comme Rachida DATI dans le 7e ou Geoffroy BOULARD dans le 17e. D’autres élus en province comme le maire de Cannes David LISNARD et celui d’Antibes, Jean LEONETTI ont lancé des projets similaires, sur l’ouverture de la vaccination aux plus de 50 ans. Tous ces élus se mobilisent pour un élargissement de la vaccination car ils ont compris son intérêt pour protéger les populations.

Les maires et les élus du groupe CHANGER PARIS proposent aussi le financement, par la Maire de Paris, de l’installation de purificateurs d'air dans les cantines parisiennes, des dispositifs dont l’efficacité pour lutter contre la propagation du virus en milieu clos a été prouvée par l’étude de l’Université d’Harvard ainsi que le développement des “tests poolés” via un prélèvement salivaire dans les établissements scolairesdès leur réouverture afin d’isoler plus facilement les cas identifiés et ainsi briser les chaînes de contamination. Ces propositions sont constructives et s’intègrent dans une logique de mobilisation pour sortir au plus vite de cette crise sanitaire, rouvrir nos écoles et retrouver les conditions d’une vie normale, comme c’est à nouveau le cas en Grande Bretagne, en Israël, dans les pays scandinaves ou même aux Etats-Unis.

Plutôt que de multiplier les déplacements en province au cours de ces dernières semaines en vue de la présidentielle de 2022 et de dénoncer l’élargissement de la vaccination en visant notamment Rachida DATI, Anne HIDALGO ferait mieux de fédérer toutes ces initiatives avec les maires d’arrondissement, comme le fait Angela MERKEL, avec ses ministres présidents de landers !

Enfin, alors que notre gouvernement pratique un principe de précaution excessif, nous attirons l’attention sur la décision de l’Allemagne qui finalise un contrat préliminaire en vue de disposer du vaccin russe Spoutnik V. Le gouvernement allemand, via Jens SPAHN, le ministre de la santé d’Angela Merkel prend des initiatives, en sécurisant des millions de doses du vaccin Spoutnik tout en attendant le feu vert des instances de régulations en Europe pour passer commande. Le Land de Bavière avec son Ministre Président Markus SODER est aussi en première ligne, avec dans les quantités négociées dans sa région 2,5 millions de doses de Spoutnik réservées aux Bavarois. Il est fort dommage que l’Europe n’ait pas suivi cette voie en négociant pour l’ensemble des 27 pays, toutefois, rien ne nous empêchait de prendre aussi des initiatives, d’autant plus que le Président MACRON a évoqué lors d’un entretien le 31 mars les éventuelles coopérations en matière de vaccin avec Vladimir POUTINE et Angela MERKEL.

Souvenons-nous enfin des propos du Président Macron devant les investisseurs réunis au forum annuel BPI France Inno Génération : « Les gens qui en face peuvent vous dire,  on aura un vaccin au mois de mars prochain ou d'avril, très sincèrement vous trompent ». Heureusement que les gens dont parle le Président ont tenu leur promesse car ils vont nous permettre d’envisager grâce aux vaccins un horizon de sortie de cette crise sanitaire et de ce virus ! Au gouvernement français et à son Président d’ouvrir les yeux, de faire preuve d’humilité et de travailler davantage en collaboration avec les élus locaux engagés et mobilisés dans leurs territoires pour réussir enfin cette campagne de vaccination !

Pierre MAURIN

Secrétaire National Economie et Emploi les Centristes

Elu du 9ème arrondissement de Paris.


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