Faire confiance aux associations !

Faire confiance aux associations !

La Loi de 1901 sur les associations avait donné un double rôle majeur au secteur associatif. Ce dernier avait pour mission d’une part d’animer la vie sociale à travers l’organisation d’activités sportives, culturelles ou de loisir, et d’autre part de servir de porte-parole de la société civile auprès des pouvoirs publics.

 

Depuis les années 1980, le développement des technologies de l’information, les lois de décentralisation ou encore la montée en puissance de la mondialisation ont bousculé l’organisation de la société qui prévalait jusqu'alors. Ce bouleversement, renforcé par les politiques néolibérales, a affaibli le secteur associatif et négligé son rôle d’organisation de la société civile et de représentation des citoyens auprès des instances centrales. Cela a naturellement contribué à creuser le gouffre entre les Français et leurs représentants, gouffre dont l’ampleur a une nouvelle fois été dévoilée par les manifestations des Gilets Jaunes.

 

Les associations doivent redevenir des acteurs à part entière des territoires au même titre que les collectivités publiques et les entreprises. Cela implique de revoir leur place dans l’organisation de l’Etat et de reconnaître leur rôle d’intérêt général.  

 

La Loi NOTRe confère aux régions et aux EPCI des compétences en matière de développement et d’aménagement du territoire. Il est temps de spécifier qu’elles ne doivent pas être utilisées uniquement à l’égard des collectivités locales et les entreprises, mais aussi pour les associations.

 

Par ailleurs, l’Etat devrait mettre en place un véritable « agrément d’intérêt général » afin de déterminer officiellement les associations assumant de véritables missions de service public. Un « caractère d’intérêt général », par ailleurs déterminé de manière arbitraire par les services fiscaux, ne suffit plus.  

 

Reconnaître le rôle des associations, c’est aussi ne pas faire entrer l’ensemble du secteur associatif dans le périmètre des activités soumises à l’exigence de concurrence libre et non faussée : la Directive Services, édictée par l’Union Européenne, admet en effet que des acteurs poursuivant des missions d’intérêt général n’y soient pas soumis.

 

Les associations doivent également pouvoir être représentées dans diverses instances. La création d’un conseil de la vie associative est une piste pour améliorer la visibilité des associations et leur permettre de porter une parole collective. A plus court terme, il est nécessaire de faire vivre les conseils de développement créés en 2015 par la Loi NOTRe. Cela signifie tout d’abord que ce conseil doit être financé par la collectivité référente. Des représentants du secteur associatif devraient par ailleurs y avoir une place qui ne soit pas que marginale.

 

Enfin, si l'intégration au compte personnel d'activités de l'engagement citoyen marque un net progrès dans la reconnaissance de l'engagement bénévole, il est nécessaire d’aller plus loin. Une possibilité serait d’insister sur le fait que la responsabilité sociale des entreprises établie dans la loi PACTE passe également par le soutien au secteur associatif. De plus, le rôle des animateurs dans l’encadrement des bénévoles étant une clé de la réussite associative, l’Education Nationale devrait enfin mettre en place une formation aux métiers de l’animation.

 

Faire confiance aux associations doit être une solution centrale pour refonder le pacte républicain, dynamiser les territoires et s’attaquer aux grands défis contemporains.

 

Philippe Tillay.

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Actuellement 2 commentaire(s)

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  • Philippe Thillay
    a suivi cette page 2019-03-08 14:35:12 +0100
  • Territoires 2
    a publié cette page dans Renouveler le Pacte Social 2019-03-06 12:12:20 +0100