Hervé Morin plaide pour que les Régions gardent la gestion des fonds européens agricoles.

Hervé Morin plaide pour que les Régions gardent la gestion des fonds européens agricoles.

Alors que le salon de l'agriculture bat son plein, Hervé Morin, Président de Régions de France et de la Région Normandie, rappelle l'importance pour les Régions de garder la gestion des Fonds Européens Agricoles pour le Développement Rural (FEADER). En effet, une recentralisation de ces fonds par l'État est évoquée.

 

La gestion du Fonds européen agricole pour le développement rural (Feader) est au cœur d'un bras de fer entre les régions et le gouvernement. Hervé Morin fait des pieds et des mains pour empêcher la recentralisation de cette ressource par l'État à partir de 2021. L'enveloppe, dont les trois quarts sont gérés par les régions, représente 11,4 milliards d'euros sur la période 2014-2020. Ces budgets européens sont cruciaux pour l'accompagnement des agriculteurs dans les territoires. Ils financent l'évolution et la transformation des pratiques agricoles, par exemple.

 

Hervé Morin plaide pour que les collectivités régionales restent des acteurs essentiels dans l'utilisation de ces fonds. Il les croit plus proches des réalités et plus réactives que les ministères. La maîtrise de ces crédits lui semble cohérente, autant avec le développement économique, qui est le cœur des missions régionales, qu'avec une conception moderne de la démocratie réclamée par les «gilets jaunes». «Cette incapacité à comprendre que, dans un monde complexe, il faut plus d'horizontalité que de verticalité est ahurissante», se désole l'élu normand.

 

En Normandie, collectivité présidée par Hervé Morin, 300 millions d'euros ont été consacrés à l'agriculture en trois ans. Sur 30.000 exploitations agricoles normandes, près de 10.000 auront ainsi bénéficié du double soutien régional et européen. «Nous sommes sur notre cœur de métier et notre force est de pouvoir co-construire ces politiques sur le terrain avec les professionnels de la filière agricole et agroalimentaire», insiste l'élu centriste, en vantant ses résultats locaux.

 

«Les représentants des organisations agricoles normandes vous diront tous que c'est un succès extraordinaire parce que nous l'avons bâti en fonction des problématiques spécifiques de notre région», assure l'élu. En donnant cet exemple, Hervé Morin défend aussi l'efficacité d'une gestion protégée de la lenteur des procédures ministérielles.

 

Rien n'est arbitré selon le gouvernement. Celui-ci attend la fin du grand débat pour évaluer l'envie de décentralisation du pays, comme le disent les territoires avec insistance, depuis des mois. Les régions devraient être fixées sur le sujet après le grand débat et avant les élections européennes de mai.

 

Si Hervé Morin assure avoir obtenu des engagements répétés d'Emmanuel Macron, s'il voit bien que le rythme des échanges avec l'exécutif s'est accéléré sous les vents des «gilets jaunes» et de la concertation nationale, il reste néanmoins très prudent. «Je suis circonspect», confie-t-il, sans cacher sa méfiance à l'égard d'une «technostructure» ministérielle trop influente à ses yeux et très hostile à l'autonomie régionale.

 

En dix ans, les régions ont doublé leur soutien à l'agriculture. Cette tendance se confirmera-t-elle sur le prochain septennat de fonds européens? Hervé Morin invite à la prudence car, selon lui, rien n'est écrit. «Il faut bien peser un risque, prévient le président de Régions de France. Si nous ne gérons plus les crédits européens à partir de 2021, les futures majorités régionales se désengageront massivement de l'agriculture puisqu'on les aura privées d'un levier majeur.»

 

Source : Le Figaro

 

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  • Territoires 2
    a publié cette page dans Actualités 2019-02-28 18:30:07 +0100