La réduction du nombre de parlementaires, une bonne chose pour notre pays.

La réduction du nombre de parlementaires, une bonne chose pour notre pays.

La ministre de la Justice, Muriel Pénicaud, a présenté son projet de loi visant à réduire de 25% le nombre de parlementaires en France. Si rien n'est encore fait, car il faudra que cela passe par l'Assemblée nationale et le Sénat, on peut se réjouir de cette perspective.

 

En effet, l'époque que nous vivons exige du monde politique qu'il fasse preuve à la fois d'exemplarité mais aussi qu'il gère de la manière la plus efficiente possible les deniers publics. Or notre pays n'a pas besoin d'autant de parlementaires qu'il en a pour faire des propositions de lois et des amendements : 577 députés à l'Assemblée nationale, 348 sénateurs au Sénat. Avec le projet de loi de Muriel Pénicaud, on passerait à 433 députés et 261 sénateurs, chiffres tout à fait suffisants pour exécuter honorablement les travaux du Parlement.

 

Une partie de ces parlementaires serait élue à la proportionnelle, ce qui serait aussi une excellente chose. En effet, cela permettra aux partis politiques qui ont objectivement beaucoup de voix, mais dont le scrutin majoritaire leur est défavorable, d'avoir la garantie d'avoir un minimum d'élus, ce qui est complètement légitime. La démocratie, c'est accepter que tous les bords politiques qui ont un minimum de consistance politique, en terme de voix, puissent être représentés.

 

Pour revenir à la baisse du nombre de parlementaires, l'argument qui ressort souvent chez les détracteurs de ce projet de loi est que cela va empêcher ces élus, notamment les députés, de faire "du terrain" correctement, c'est-à-dire qu'ils ne pourront pas sillonner toute leur circonscription qui deviendra automatiquement géographiquement plus grande. J'aurais plusieurs objections à cela.

 

La première, c'est que l'Assemblée nationale française a déjà connu un nombre moins important de parlementaires. En effet, de 1962 à 1986, on gravitait autour de 480-490 députés. Je n'ai pas l'impression qu'à cette époque, les députés étaient débordés sur leur circonscription pour autant.

 

La deuxième, c'est qu'il existe des pays géographiquement plus grands qui comportent moins de parlementaires et qui se portent très bien démocratiquement. L'Allemagne, par exemple, compte 699 parlementaires (Bundestag et Bundesrat compris) seulement pour 83 millions d'habitants, les États-Unis en ont 535 (435 représentants, 100 sénateurs) pour 330 millions d'habitants. Dans ces deux pays, les élus font du terrain sur des circonscriptions plus grandes et ont l'air de s'en sortir très bien.

 

Mais surtout, il ne faut pas oublier qu'il faut respecter la bonne répartition des rôles. S'il est louable qu'un parlementaire fasse du terrain et reste à l'écoute de ses habitants, il appartient surtout aux élus locaux de faire ce travail de proximité. La plupart des demandes que formulent les citoyens sont d'ordre locales. À la limite, si un conseiller municipal, départemental ou régional constate qu'il n'a pas de prise sur la demande d'un administré car la solution se trouverait entre les mains du député ou du sénateur, il aura l'intelligence (espérons-le en tout cas !) de transférer la demande à qui de droit.

 

Espérons que cette baisse du nombre de parlementaires augure une bonne dynamique pour la suite. En effet, avec plus de 36 000 communes, la France représente à elle seule 40% du total du nombre de communes dans l'Union européenne. Il faut évidemment faire des regroupements de communes, quitte à avoir moins d'élus locaux, mais en rendant les collectivités plus puissantes pour agir.

 

Alain Dubourg.

 

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