Le vote Biden n’est pas un vote d’adhésion, mais de réaction

Le vote Biden n’est pas un vote d’adhésion, mais de réaction

Alors que nous venons seulement de connaitre les résultats de l'élection présidentielle, Gerald Olivier, Journaliste, Blogueur Editorialiste, Auteur de Sur la route de la Maison Blanche (Jean Picollec) et chercheur associé à l'IPSE nous livre son analyse.

Ces résultats montrent une Amérique profondément divisée, quelles conclusions en tirez-vous ?

Je relève deux gagnants et trois perdants dans cette élection.

D’une part il y a pour moi deux vainqueurs, un moral Donald Trump et un politique, le parti républicain.

« Le mouvement Trump perdura au-delà de sa présidence »

Je dis que Trump est le vainqueur moral car malgré 4 ans d’une présidence où il a été plus critiqué que tous les autres présidents en exercice et était annoncé comme balayé par une vague bleue (NDLR : vague démocrate), il est toujours là. Il a même à l’occasion de ce scrutin renforcé sa base, étant aujourd’hui soutenu par plus de 70 millions d’Américains. Il en est de même pour les parlementaires soutenant Trump, c’est du jamais vu dans l’histoire américaine, ils ont tous été réélu, ça prouve l’existence d’un électorat derrière Trump. Car les démocrates avaient investi des millions de dollars pour faire tomber ces parlementaires, mais c’est un échec cuisant. Aussi aujourd’hui je pense que le mouvement Trump perdurera au-delà sa présidence. Il faut aussi le dire, le vote Biden n’est pas un vote d’adhésion mais de réaction. Ce qui est encore plus étonnant c’est que chez les minorités alors même qu’il affiché comme raciste par l’establishment, Donald Trump progresse. Par exemple c’est la communauté hispanique qui fait basculer en Floride le vote en faveur de Donald Trump, et ça c’est du jamais vu au regard de son premier mandat.

Il y a d’autre part aussi trois perdants, les instituts de sondage qui estimaient avoir tiré les leçons de leurs erreurs en 2016 et n’ont fait que les renouveler. Le deuxième ce sont les médias, ils combattent Donald Trump depuis qu’il est le candidat officiel du parti Republicains en 2016 et marquent aujourd’hui leur décalage avec le peuple Américain, et ces derniers en prennent collectivement conscience avec les résultats des urnes de mardi. Il n’est pas impossible que cette élection créer une défiance à l’égard des médias dominants aux États-Unis. Nancy Pelosy (NDLR : Présidente démocrate de la Chambre des représentants) est la troisième grande perdante de ce scrutin. En effet, elle s’est investie personnellement, elle a été la figure de proue pour tenter de destituer Donald Trump a échoué, et elle a vigoureusement combattu toutes les réformes portées par le Président pendant son mandant pour arriver un résultat électoral faible à la Chambre basse.

 

En quoi la situation actuelle est-elle différente de 2000 ?

En 2000 cela concernait 1 état, (NDLR : l’état de Floride), et la contestation portait sur le recomptage des bulletins. Finalement, après un mois et 4 recomptages des bulletins, la Cour suprême est intervenue et a mis fin à ces opérations constatant une inégalité dans le traitement des votes par rapport aux autres États. La Cour Suprême avait également désigné George W. Bush comme vainqueur en Floride au vu de la similitude des 5 résultats  Aujourd’hui les irrégularités portent sur 6 états voir même 8 avec les recours déjà entamés. La contestation repose ici à la différence de 2000 sur le processus même de dépouillement et le vote par correspondance dont Donald Trump exprime ses réserves depuis des mois. La situation reste très confuse, il n’y a aucun vainqueur, et cette confusion va perdurer selon moi tant que la Cour Suprême ne se sera pas exprimée. 

 

Comment jugez-vous le comportement adopté par Donald Trump depuis mercredi ?

Le président est dans son droit en dénonçant des irrégularités. Bien entendu il doit les prouver et la justice doit valider ce qu’il prétend. Mais que le président intervienne est légal, souhaitable, nécessaire et même conseillé car le futur président quelqu’il soit ne doit subir aucune illégitimité. Donald Trump a lui-même connu cette situation et a longtemps été contesté avec les prétendu ingérences russe dans le scrutin de 2016. Ces rumeurs auront nécessité 2 ans d’enquête fédérale, un procureur spécial et plus 500 auditions pour y mettre fin.


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