Mettons fin aux inégalités dans l'accès au droit, notamment pour ceux qui sont éligibles aux prestations sociales !

Mettons fin aux inégalités dans l'accès au droit, notamment pour ceux qui sont éligibles aux prestations sociales !

La France est-elle un pays d’assistés ? J’ai souvent entendu ce type de qualificatif pour dénoncer une catégorie de population. Celle qui bénéficierait d’un système de protection sociale qui lui permettrait de subsister, voire de vivre dans un confort sans avoir à faire aucun effort.

 

Et souvent, ces personnes qui dénoncent ce système vous renvoient vers cette idée que les « étrangers », ou « français d’origine étrangère » seraient mieux « traités » que les Français de « souche » en France. À coup d’exemples, ils vous expliquent que ces « personnes » sont prioritaires dans les attributions de logement, que ces personnes sont plus aidées par les assistantes sociales … Enfin bref, les thèses développées par un parti d’extrême droite vous sont développées et même illustrées car l’exemple devient la règle. Mais qu’en est-il vraiment ?

 

Le ressenti existe, on ne peut le nier. Mais cette perception d’un monde par une partie de la population n’est-il pas la traduction d’une réalité visible ? Ce que chacun perçoit de l’autre est une réalité mais est elle n’est qu’une réalité parmi tant d’autres.

 

Si tant de personnes estiment que la préférence nationale permettrait de corriger leur mal-être, en réorientant les aides vers eux, j’estime que cette proposition sera sans effet, pire elle se retournera contre eux.

 

Le problème qui est pointé par ces personnes est un problème de précarité dans l’accès aux droits et non un problème de ressources dédiées aux étrangers. Cette précarité est le résultat de deux difficultés majeures.

 

- La première est la complexité d’un système devenu inaccessible à une partie de la population car difficile à maîtriser, la multiplicité des acteurs s’ajoutant à cette difficulté.

 

- La seconde difficulté est le résultat d’une individualisation de la société qui a mené bon nombre de nos concitoyens vers l’isolement. L’exode rural, l’individualisation des foyers a mené les individus à s’isoler. Les difficultés rencontrées sont cachées, la honte souvent empêche d’en faire part à des proches et de faire appel à une première solidarité qui est celle du partage de l’information des droits, solutions possibles pour s’en sortir.

 

Cet isolement, est certainement moins important lorsqu'il existe des communautés, qui plus est, vivent dans les mêmes quartiers. Je me souviens de ces mères de familles, qui pourtant maîtrisaient peu la langue et ne savaient pas lire, discutant des dispositifs existants pour bénéficier des aides relatives à leur situation. Est-ce pour autant que l’on doit estimer que ces femmes sont privilégiées par le système ? Certainement pas, mais elles ont peut être dans leur culture et leur mode de vie la capacité à échanger et communiquer autour de leur précarité. La première des solidarités qui les lient est un partage d’informations essentielles pour les aider à vivre dans un environnement complexe.

 

Comment répondre donc au désarroi d’une partie de la population ? L’inégalité face à l’accès au droit doit être corrigée.

 

Proposition 1: L’Etat doit reprendre son rôle d’information grâce à la mise en place d’un guichet unique pour toutes les aides sociales.

 

Proposition 2 : Par ailleurs, il faut trouver un moyen de récréer du lien, des solidarités au niveau des quartiers, des villes. Les maires sont les plus à même à contribuer à la mise en place de ces dernières. Les centres communaux d’actions sociales (CCAS), doivent être l’instance de suivi accessible à tous et les nouvelles technologies doivent permettre d’interroger de manière anonyme l’administration afin de connaître ses droits et évacuer le sentiment de honte en libérant ainsi la parole.

 

Linda Lavoix.

 

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