Mieux préparer la réinsertion des détenus dans les prisons

Mieux préparer la réinsertion des détenus dans les prisons

Les prisons sont pour la plupart vétustes et surpeuplées. Autrement dit, elles favorisent la récidive : si la privation de liberté fait partie de la sanction infligée aux délinquants, le temps de la peine doit être non seulement celui de la rémission mais aussi celui de la préparation à la réinsertion.

Les chiffres sont alarmants. Au 1er avril 2018, il y a 70 367 personnes incarcérées, ce qui représente une hausse de 3% par rapport à avril 2016. 10 817 sont sous bracelet électronique. Il y a en France 59 459 places. Sept établissements ont une densité supérieure à 200%. 1 628 détenus dorment sur des matelas posé au sol qui font des prisons françaises sans travail de vrais pourrissoirs et des écoles de radicalisation. En plus, 20 852 des prévenus du fait du manque d’effectifs sont en attente de jugement, soit 29,63%.

Si pour les personnes condamnées à de courtes peines pour des faits de petite délinquance, le recours au bracelet électronique permet de concilier restriction de liberté et activité professionnelle, il faut aussi penser à la participation des détenus à des travaux, par exemple agricoles, leur permettant de préparer leur réinsertion : au Danemark, 34% des détenus bénéficient de ce type de détention dite «ouverte», 32 % en Finlande, 24 % en Suède, 10 % en Suisse ou encore 8% en Autriche. D'après les expériences menées à l’étranger, il apparaît que ce système de prisons ouvertes permet de réduire de moitié, voire davantage le coût de détention.

En France, le budget consacré aux prisons est d’environ deux milliards et demi d’euros par an. Un détenu coûte en moyenne trente-deux mille euros par an avec de fortes variations : Quatre-vingt-cinq euros par jour en maison d’arrêt, près de cent euros en centre de détention pour de courtes peines ou en centre pénitentiaire mixte, et jusqu'à deux cents euros pour les longues peines. Pour augmenter le nombre de places et améliorer les prisons, une réflexion doit être menée sur la possibilité de créer un forfait qui serait mis à la charge de chaque prisonnier, comme il existe des forfaits hospitaliers. Ce forfait pourrait être financé par le travail volontaire de détenus ou encore pris sur l’allocation universelle dont le paiement serait réduit, voire suspendu durant l’incarcération.

Olivier Jardé,
Conseiller départemental de la Somme.

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