Christine Fauquet : "En temps normal, je travaille avec six agents mais avec cette crise, je gère seule la situation."

Christine Fauquet : "En temps normal, je travaille avec six agents mais avec cette crise, je gère seule la situation."

Christine Fauquet, maire de Saint-Règle, une commune d’environ 600 habitants de l’Indre-et-Loire dans la région Centre-Val de Loire, est également conseillère régionale et conseillère communautaire de la communauté de communes Val d’Amboise. Elle nous livre son témoignage de maire d’une commune rurale face à la crise du COVID-19.

 

Comment gérez-vous cette crise du COVID-19 en cette période de confinement ?

Je gère à la fois les affaires courantes et la conjoncture actuelle. J’ai créé un site internet pour informer la population sur la situation, que ce soit au niveau national ou dans la commune. Avec mes élus, nous distribuons dans les boîtes aux lettres une lettre d’information aux habitants. J’ai fermé le petit parc de la commune et ai exonéré de loyer, le temps du confinement, notre toiletteuse pour chien qui occupe des murs appartenant à la commune. Il y a également une recrudescence de déchets verts brûlés depuis que les déchetteries proches sont fermées.

 

En théorie, je travaille au quotidien avec six agents mais avec cette crise, à part ma secrétaire qui s’est proposée pour m’épauler à mi-temps, je gère seule la situation. Tout mon personnel est confiné chez lui. Le préfet a demandé de confiner tout ce qui ne relève pas de l’ordre public. Sauf que cela a des conséquences. Par exemple, l’entretien des espaces verts et des rues ne se fait plus.

 

De manière générale, je dois tout gérer toute seule, sans la moindre aide de la préfecture. Je n’ai pas reçu le moindre matériel, que ce soit du gel hydroalcoolique ou des masques. Le jour du vote pour les élections municipales, c’est une de mes élues qui nous a fournis en gel. Tout ce qui est important, je l’apprends par la presse. Silence radio de la préfecture. Il ne se passe également rien au niveau de la communauté de communes. Nous, maires de petites communes, nous sentons seuls pour gérer cette crise.

 

J’ai passé, par le biais de la maison des maires, une commande de 200 masques pour mon personnel ainsi que 50 tests. La commande de masque représente environ la possibilité de travailler pendant un mois. Je devrais les recevoir dans 15 jours. S’ils devaient ne pas servir, je les donnerai à l’hôpital.

 

Je tiens à saluer la gendarmerie de notre territoire qui fait un travail formidable, notamment pour faire respecter les consignes.

 

Espérons que cette crise sanitaire se résolve au plus vite. Pour des raisons de santé publique évidentes, mais aussi pour des raisons économiques. Nous avons de l’appréhension car nous sommes un des départements les moins touchés, mais pour autant il se peut que nous soyons les derniers à être déconfinés parce que nous ne sommes pas suffisamment immunisés. Ce qui n’est pas de bon augure pour la saison touristique qui arrive.

 

Quel regard portez-vous sur l’action du gouvernement face à cette crise ?

Le rôle des élus, surtout en cette période de crise, est de maintenir la cohésion et la paix sociale. Ce n’est pas le moment de critiquer l’action du chef de l’État et du Premier ministre. Il n’est pas sûr qu’on aurait mieux fait.

 

En ce moment particulier, notre rôle d'élus est d'être réactif et à l'écoute. Il faut que nos habitants aient le sentiment que nous gardons la maison. Que s'il y a un coup dur, nous sommes là. En somme, que nous œuvrons tous ensemble. Ce n'est pas le moment de parler politicaille, de récupérer les erreurs, de juger, de critiquer. Le temps viendra où nous devrons faire un bilan objectif et améliorer le système en le réformant.

 

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  • Territoires 2
    a publié cette page dans Actualités 2020-04-10 17:20:22 +0200