Frédéric Leturque : "Le couvre-feu a fait l'effet d'un électrochoc dans la population."

Frédéric Leturque : "Le couvre-feu a fait l'effet d'un électrochoc dans la population."

Rencontre avec Frédéric Leturque, maire d'Arras.

 

>> Vous avez été l’un des premiers maires à instaurer le couvre-feu de 22H-à 5h dans votre ville, pourquoi ?

Frédéric Leturque : Nous sommes en état d’urgence sanitaire. Pour endiguer ce virus, il faut prendre des mesures fortes et surtout, il faut chacun s’y tienne, accepte et comprenne que ce sont des vies qui sont en jeu. Nous avons constaté, à Arras comme ailleurs, que le confinement n’était pas suffisamment respecté. 300 contraventions ont été dressées après seulement quelques jours de confinement. Le principe « Restez chez vous » est mieux compris lorsqu'on pose le principe de l’interdiction. Le couvre-feu a fait l’effet d’un électrochoc dans la population. Cela permet aussi à nos équipes de Police Municipale et à la Police nationale de mieux contrôler les allées et venues.

 

Aujourd'hui, le couvre-feu est respecté. Nous avons aussi mis en place des interdictions d’accès aux parcs et aux aires de jeux pour éviter les rassemblements et invité les Arrageois à fréquenter en priorité les commerces les plus proches de chez eux.  

 

>> Comment vivez-vous en cette période de confinement et comment continuez-vous à faire votre travail de maire hors des murs de votre mairie ?

Cela nous a obligé à revoir nos méthodes de travail à toute vitesse, c’est certain ! Je travaille de chez moi et je prends toutes mes réunions en conférence téléphonique ou en visioconférence. On s’y fait vite ! Tout est dématérialisé et on travaille désormais presque sans papier ! Le plus dur, c’est de ne pas avoir le contact humain spontané. Il faut aller vers les habitants. Je passe du temps à appeler les gens que je croise régulièrement dans la ville, pour prendre des nouvelles, et je sais que les élus de ma majorité font la même chose. Le CCAS et nos services ont une veille particulière sur toutes les personnes fragiles. 10.000 appels ont déjà été passés. C’est une façon de garder les yeux ouverts sur la réalité que les gens vivent, chez eux.

 

>> Quel regard portez-vous sur cette situation et sur l’action du gouvernement ?

C’est une période inédite que nous devons regarder différemment des actualités habituelles. Nous sommes en temps de guerre et je pense que la responsabilité des maires, des élus locaux et nationaux est d’œuvrer ensemble pour sortir de cet épisode du mieux possible. A Arras, je remarque que les acteurs se coordonnent avec une facilité remarquable : Ville, agglomération, hôpital… Les difficultés auxquelles nous faisons face sont les mêmes en Espagne, en Italie, en Chine, en Iran… Je pense que la mesure du confinement était la bonne, qu’il était temps de la prendre. Sur l’activité physique à l’extérieur du domicile, j’ai pris un arrêté qui prévoyait la même chose que ce que le Premier Ministre a annoncé, quelques heures plus tard.

 

En revanche, j’étais avec quelques autres maires du Nord-Pas-de-Calais, dans l’incompréhension en ce qui concerne l’interdiction des marchés sur tout le territoire. Je suis intervenu publiquement, avec mes collègues maires, pour demander à ce que les demandes d’ouverture de marché soient regardées plus sérieusement en tenant en compte les aménagements et la sécurité qui ont été mis en place. Les marchés d’Arras feront leur retour ce mercredi et c’est tant mieux !

 

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  • Paul-Eric Dècle
    a publié cette page dans Actualités 2020-04-12 01:04:06 +0200
  • Paul-Eric Dècle
    a publié cette page dans Actualités 2020-04-12 01:04:06 +0200