[COVID-19] Thierry Simelière : "Nous exploitons notre centre de santé qui est géré par la commune."

[COVID-19] Thierry Simelière : "Nous exploitons notre centre de santé qui est géré par la commune."

Thierry Simelière, chirurgien viscéral et digestif, vice-président du conseil départemental chargé de la culture et du patrimoine, conseiller communautaire de Saint-Brieuc Armor Agglomération délégué à la mer (économie maritime, pêche et nautisme), est également maire de Saint-Quay-Portrieux, une commune de 3200 habitants située dans le département des Côtes-d’Armor en Bretagne. Elle a la particularité d’avoir ouvert fin 2018 un centre de santé municipal particulièrement utile en cette période de crise sanitaire.

 

Comment gérez-vous cette crise du COVID-19 en cette période de confinement ?

La Bretagne est une Région dans laquelle il y a très peu de cas. Néanmoins, il a fallu en effet nous organiser en amont sur le plan sanitaire. Nous exploitons notre centre de santé qui est géré par la commune avec trois médecins salariés et deux secrétaires. Ce centre a été validé par l’ARS comme étant un Site de soins Organisés COVID-19 (SOC), c’est-à-dire que nous avons pris la décision de séparer le flux de patients suspectés d’avoir contracté le virus, des autres flux de patients en ouvrant une salle dédiée isolée. Nous souhaitons être validés prochainement comme étant un Centre Ambulatoire Dédié COVID-19 (CAD), ce qui nous permettra de faire participer, par le biais de permanences, les neuf autres médecins libéraux de notre territoire, et de suivre en ambulatoire des patients qui ne nécessitent pas d’hospitalisation. Nous avons du matériel dédié fourni par l’ARS pour l’examen des patients, il y a une organisation de leur suivi avec la participation d’un infirmier, la facturation est efficiente… En résumé, nous sommes prêts.

 

Le centre de santé a également dû prendre en charge des patients d’une commune voisine, car 100 d’entre eux avaient consulté un médecin diagnostiqué positif au COVID-19.

 

Autrement, sur notre commune, nous avons un EHPAD de 62 résidents confinés depuis trois semaines, avant que cela ne soit recommandé. Comme notre commune comporte 50% de retraités dont beaucoup font partie d’associations, dès le jeudi qui a précédé le premier tour, j’ai décidé de fermer les salles associatives, les salles sportives et l’école de musique municipale.

 

J’ai pris un arrêté de fermeture des deux marchés hebdomadaires dès le lundi 23 Mars avant la décision gouvernementale. En conséquence, nous avons aussi mis en place le dispositif « Urgence solidarité Saint-Quay-Portrieux », ce qui nous a permis de mettre en place un réseau avec les commerçants pour des livraisons à domicile à destination de ceux qui en avaient besoin. L’Office de Tourisme a référencé les commerçants sédentaires et non sédentaires ouverts et qui assuraient des livraisons à domicile.

 

Le listing des personnes vulnérables et isolées a été mis à jour, elles sont appelées régulièrement par les élus et les agents de la commune.

 

Allez-vous, comme certains maires, rédiger un arrêté obligeant le port du masque à vos administrés ?

J’attends les directives nationales et l’avis du conseil scientifique. Il faut déjà faire respecter le confinement, d’autant plus qu’à Saint-Quay-Portrieux, qui est une station balnéaire, il y a eu un afflux important de résidents secondaires lors des premiers jours de confinement. Si on oblige le port du masque, il y aura la possibilité d’un relâchement dans le confinement.

 

Quel regard portez-vous sur l’action du gouvernement face à cette crise ?

Dans une telle crise sanitaire, plutôt que de jouer des coudes, il faut se serrer les coudes. Pour le moment, il ne faut pas créer de polémiques. On fera le bilan plus tard. J’ai tout de même deux suggestions à soumettre : il faut faire un dépistage de masse et surtout produire des masques en quantité si le port du masque devenait obligatoire. Il faut également que les décisions soient plus énergiques et plus formelles.

 

Pour illustrer mon propos, il y a une grande souffrance du milieu culturel et sportif auquel l’État n’a pas transmis de ligne de conduite, notamment en ce qui concerne les grands rassemblements d’été. Est-ce qu’on doit tout arrêter jusqu’au 1er septembre ? Nous ne le savons pas. Il vaut mieux annoncer ça tout de suite, ce qui permettrait au milieu culturel et sportif de se retourner, de faire un bilan financier avec de vraies perspectives, plutôt que d’être dans l’attente et ne pas savoir s’il faut continuer à travailler sur ces rendez-vous festifs. On a besoin de réponses précises concernant la rentrée des classes aussi etc…

 

J’ajoute qu’à Saint-Quay-Portrieux, il y a la problématique de la préparation de la saison touristique qui rentre également en ligne de compte. La population est multipliée par quatre l’été sur la commune. Je recrute quarante saisonniers sur deux mois normalement l’été. Mais cette année, comme je n’ai pas d’indications claires, je ne sais pas quoi faire pour le moment. L’urgence est sanitaire mais également économique !

 

Pour voir tous les autres élus en action, cliquez ici !


Actuellement 2 commentaire(s)

Veuillez vérifier vos emails pour le lien d'activation
  • Paul-Eric Dècle
    a publié cette page dans Bretagne 2020-04-09 14:49:21 +0200
  • Paul-Eric Dècle
    a publié cette page dans Bretagne 2020-04-09 14:49:20 +0200