Philippe Vigier : "Notre système de santé est au bord de l'implosion".

Philippe Vigier : "Notre système de santé est au bord de l'implosion".

Philippe Vigier, député d'Eure-et-Loir, était l'invité de L'opinion. Il est revenu sur le sujet primordial de l'accès aux soins dans notre pays. Extrait.

 

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Actuellement 2 commentaire(s)

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  • Henri Duruz
    commented 2018-06-03 10:36:29 +0200
    Voici quelques réflexions qui peuvent coopérer à décentraliser dans les territoires.
    Le Problème des Urgences.
    A la suite du débat animé par Julian Bugier le 30 Mai sur Antenne 2
    concernant les Urgences, et en ma qualité d’ancien responsable d’un
    Centre d’Urgences pendant 25 ans, je me permets quelques réflexions sur
    ce sujet. Certes, j’ai joui d’une position privilégiée en exerçant dans un
    hôpital privé à Genève. Mais les problèmes d’erreurs médicales et de
    surcharge aux urgences sont assez semblables.
    Les témoignages entendus lors de cette émission révèlent de graves
    dysfonctionnements qui sont inadmissibles. Sont-ils des exceptions?
    Probablement, mais ils sont suffisamment importants pour tirer la
    sonnette d’alarme. Il s’agit essentiellement du traitement de l’appel au
    Centre 15 et de l’engorgement des Centres d’Urgences qui mettent en
    danger la vie des patients, créent un malaise au sedansdu personnel,
    révoltent 21 % de la population qui est franchement mécontente et 65
    % qui trouvent que la situation aux Urgences s’est dégradée.
    Lorsque j’atteignais trois heures d’attente dans mon Centre
    d’Urgences, j’avais aussi l’impression qu’il me manquait des locaux et
    du personnel. Mais, il est trop facile de toujours demander plus à l’Etat,
    c’est-à-dire aux contribuables, alors que le pays dépense 11% du PIB
    pour la santé (moyenne de l’OCDE 9%), que son niveau médical est
    excellent et que sa protection sociale est très bonne, enviée par de
    nombreux autres pays. Il est vrai que dans le budget des hôpitaux, les
    Centres d’Urgences sont souvent les parents pauvres et un certain
    rééquilibrage serait souhaitable.
    Je suis persuadé, et je l’ai expérimenté, que de nombreux problèmes
    peuvent se régler avec une meilleure organisation. Il faut pour cela
    travailler surtout en amont et au niveau du Centre d’Urgences, ce qui
    diminuera nettement les difficultés rencontrées en aval.
    Je suis étonné d’entendre le corps médical refuser toute contrainte si
    les incitations proposées par le gouvernement pour organiser l’urgence
    en amont n’ont pas abouti. Quand on sait ce que coûte à la société la
    formation d’un médecdansjusqu’à ce qu’il soit en capacité d’ exercer un
    aussi beau métier, il me paraît que c’est un devoir citoyen du médecin
    que d’assurer des gardes d’urgence.
    Il faut décentraliser l’urgence et éviter les grands Centres d’Urgences. Il
    faut développer en campagne et en ville des Permanences ou des
    Maisons de Santé ou des Centres Médicaux de Quartier et de
    #1
    Campagne, infrastructures dotées d’une radiologie conventionnelle,
    d’échographie et de laboratoires d’analyses. Ces structures doivent
    regrouper des médecins généralistes, des médecins diplômés de
    différentes spécialités et des médecins en formation, surtout des futurs
    généralistes. Ainsi, ces Centres Médicaux pourront absorber une bonne
    partie des appels d’urgence, les trier, les diriger dans les centres
    spécialisés et en traiter un certadansnombre.
    Cette réorganisation pourrait partiellement résoudre le problème des
    permanenciers du Centre 15 qui seraient soulagés d’une surcharge de
    travail. Comment, dans un pays soucieux de la santé des travailleurs et
    qui a introduit les 35 heures, peut-on tolérer que des personnes,
    soumises au stress permanent des appels d’urgence, travaillent 12
    heures d’affilée! Les permanenciers doivent être formés correctement et
    avoir des algorithmes qui évitent au maximum l’erreur. Les patients
    nécessitant des soins d’urgence seraient donc en possession du
    numéro du Centre Médical de Quartier ou de Campagne et du numéro
    15 en cas d’urgence ressentie comme vitale. Surtout pas un numéro
    unique pour tous les appels d’urgence comme proposé!
    Au niveau du Centre d’Urgences hospitalier, en dehors des urgences
    vitales, il est important, pour accélérer les prises en charge, que les
    personnes âgées soient adressées directement dans le secteur
    gériatrique.
    Après ce premier tri, l’Infirmière d’Accueil et de Tri doit déterminer le
    degré d’urgence, secondée par le médecdansresponsable en cas de
    difficultés. L’échelle de tri peut varier quelque peu d’un établissement à
    l’autre selon le genre de cas accueillis. Personnellement, je distinguais
    les urgences de type I (urgences vitales nécessitant une réanimation),
    les urgences de type II (urgences potentiellement vitales qui doivent
    être très rapidement prises en charges), les urgences de type III (qui
    doivent être vues et traitées dans les heures qui suivent), et les
    urgences de type IV (qui sont de fausses urgences et qui pourraient être
    vues le lendemain). Les personnes présentant le type d’urgence IV
    avaient le choix entre une attente plus longue ou une réorientation vers
    des filières médicales aptes à satisfaire rapidement leurs demandes.
    Le Centre d’Urgences doit être sectorisé en locaux avec un personnel
    plus ou moins attaché à ces secteurs. Ainsi les patients sont acheminés
    par différentes voies, auxquelles on peut donner des couleurs, vers des
    salles différentes. En dehors de la voie qui mène aux salles de
    #2
    déchocage, il y a les voies pour les patients présentant des affections
    dont on peut prévoir une hospitalisation et les voies pour les patients
    dont on pense qu’ils vont être traités ambulatoirement. Dans chacune
    de ces catégories on peut distinguer de surcroît ceux qui présentent
    une affection traumatique et ceux qui présentent une affection d’une
    autre origine.
    Ce travail en amont devrait diminuer considérablement le problème en
    aval dû essentiellement à deux causes : l’occupation d’un box
    d’urgence en attente de l’avis d’un spécialiste et le manque de lits pour
    hospitaliser les patients. La première cause ne peut se résoudre que
    par la prise de conscience des spécialistes que, même si le patient
    pour lequel ils sont appelés est stabilisé, toute attente aux urgences
    retentit sur l’ensemble du système. La deuxième cause passe
    nécessairement par quelques lits de réserve dont il faudra accepter qu’
    un ou deux puissent rester inoccupés 24 h.
    Une meilleure organisation de l’urgence ne dispense pas le personnel
    qui exerce ce métier, de faire preuve d’empathie. Cette qualité
    s’acquiert par des études médicales qui ne doivent pas être que
    scientifiques, mais aussi humanistes. Le patron du service doit sans
    cesse la rappeler et la communiquer par son attitude exemplaire.
    Si le manque d’empathie est une source d’erreur médicale, le
    diagnostic hâtif d’affection psychique en est une autre.
    Personnellement, j’avais interdit ce diagnostic dans mon Service
    d’Urgences. Je tolérais au maximum le diagnostic de « douleur
    abdominale, thoracique ou autres, d’origine indéterminée ». Selon leur
    état, ces patients devaient être surveillés 24 h aux urgences ou
    renvoyés à domicile après une information adéquate et revus dans les
    12 heures.
    En attendant les performances que va nous offrir le numérique, il me
    semble qu’avec un peu de bonne volonté et sans trop dépenser les
    deniers de la République, on peut améliorer le problème des Urgences .
    Dr Henri Duruz.
  • Paul-Eric Dècle
    a publié this page dansActualités 2018-05-24 14:52:30 +0200