Repenser les fondements de notre transition énergétique pour accompagner l’innovation et le développement des mobilités vertes !

Repenser les fondements de notre transition énergétique pour accompagner l’innovation et le développement des mobilités vertes !

Au lieu de taxer, et taxer encore, sans offrir de réelles alternatives non polluantes, au lieu de limiter les mobilités, pourquoi ne pas plutôt aider à développer des voitures et navires réellement verts, sans pile polluante ?

 

Voitures solaires ? Navires électriques et solaires ? Navires à l'énergie hydraulique ? Des prototypes voire des entreprises existent à échelle européenne … Accompagner pour massifier la production? Inciter l'achat du consommateur au lieu de sanctionner ? Tant de pistes pour repenser nos mobilités. Il est aujourd'hui nécessaire de poser la question de la transition énergétique au regard des mobilités dans le cadre des politiques européennes et locales.

 

L’enjeu est de taille face à l’augmentation des flux maritimes et routiers de marchandises, aux besoins de proposer des technologies vertes performantes, et à la concurrence dans ce secteur tant par des puissances établies qu’ascendantes. Aux États-Unis, malgré l’idéologie climatosceptique de Donald Trump, les investissements, qui relèvent de la compétence des États, continuent avec notamment la Californie qui vise 100 % d'énergie propre d'ici à 2045. En Chine, les investissements sont massifs depuis peu avec une augmentation de 24% en 2017 par rapport à 2016.

 

Dans ce cadre, l’Union Européenne ne doit pas passer à côté d’une opportunité de développer ces technologies d’avenir pour nos entreprises et nos emplois. Des expérimentations novatrices existent dans des pays de l’Union Européenne mais la volonté politique semble timide pour accompagner les initiatives des acteurs privés : des modèles de voiture solaire, ou de navires en énergie solaire et éolienne, voire hydraulique, favorisent une énergie verte et inépuisable qui ne produit pas de gaz à effet de serre. Ton van Meegen, le PDG de Port-Liner, explique à The Loadstar : « Il y a quelques 7 300 bateaux de navigation intérieure en Europe, et plus de 5 000 d’entre eux sont la propriété d’entrepreneurs en Belgique et aux Pays-Bas. Nous pouvons en construire jusqu'à 500 par an, mais à ce rythme, il faudrait environ 50 ans pour que l’industrie fonctionne sur l’énergie verte. »

 

Au regard de ces données, les politiques nationales françaises actuelles de limitation des mobilités sont un non-sens : taxer les énergies fossiles sans permettre aux entrepreneurs et aux particuliers d’acheter des véhicules durables performants est absurde ; de même que développer une politique de taxation des véhicules terrestres, sans développer des alternatives d’énergies vertes pour les flux maritimes qui concernent 90% des flux de marchandises dans le monde ; sans même évoquer l’idée de multiplier les péages urbains vers les métropoles françaises, des péages qui limiteraient l’accessibilité à nos métropoles.

 

L’intégration à la mondialisation est un facteur clé d’attraction et de développement : il est essentiel au contraire de développer des technologies performantes et innovatrices de mobilité et de conserver une politique d’ouverture de nos territoires pour faciliter leur connexion aux réseaux des flux.

 

Les révolutions technologiques dans le domaine des mobilités ont toujours été les clés d’un fort développement économique de leurs acteurs et d’un développement social conséquent des populations. Elles sont la clé pour revoir en profondeur tant notre perception des mobilités que de l’aménagement du territoire. À échelle locale, le modèle de la ville compacte est aujourd'hui fortement critiqué. Lutter contre l’étalement urbain et contre l’artificialisation du territoire (cf Newman Kenworthy, 1989) conserve un sens s’il s’agit de limiter les excès du grignotage des terres agricoles, de la perméabilité des terres et du réchauffement des territoires. En revanche, l’objectif de limiter les déplacements générateurs de gaz à effet de serre semble obsolète au regard des nouvelles technologies que nous pourrions développer. D'autant plus qu'aujourd'hui les scientifiques critiquent l’impact environnemental et social de la ville compacte qui accroît les congestions entraînant des gaspillages d’énergie, et produit une requalification des centres-villes, aboutissant ainsi à une accélération du mouvement de gentrification et donc d’exclusion des plus modestes loin des secteurs d’emplois. Enfin, des géographes ont démontré que les habitants des villes-centres compensent leurs courtes mobilités quotidiennes par des mobilités occasionnelles plus longues pour satisfaire leur besoin de grand air : ces déplacements compensatoires génèrent ainsi des gaz à effet de serre conséquents.

 

Au lieu de penser les mobilités comme un phénomène négatif à limiter, il s’agirait alors de changer de paradigme, dans une logique de politique d’accompagnement pour faciliter la mise en place d’une réelle transition énergétique de nos mobilités en favorisant l’innovation, le développement industriel et en accompagnant les consommateurs dans leur transition énergétique. Cette modification aurait pour conséquence de permettre un développement plus harmonieux de l’ensemble de nos territoires tout en développant un modèle durablement vert.

 

Ariane Delamarre,
Secrétaire Générale des Jeunes centristes ;
Benoit Cuturello,
Président des Jeunes Centristes.

 

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Actuellement 2 commentaire(s)

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  • Aymeric Labbé
    a suivi this page 2018-10-23 19:46:27 +0200
  • Benoît Cuturello
    a publié this page dansAssurer un avenir durable 2018-10-23 18:52:45 +0200