Roland Marion : "Le monde de demain, c’était finalement pour aujourd’hui…"

Roland Marion : "Le monde de demain, c’était finalement pour aujourd’hui…"

Depuis quelques années, nous préparons la transition vers le monde de demain (2030, 2050…), celui pour lequel nous devions prendre des mesures afin qu’il ne puisse se réaliser : le monde de l’augmentation inarrêtable des températures, de la modification des traits de côte, des difficultés d’approvisionnement en eau, de la perte de biodiversité… Puis soudainement, la conjugaison d’une météo très chaude - mais en grande partie résultante d’inactions climatiques – et des conflits dans l’Est de l’Europe nous plonge aujourd’hui dans ce monde de demain.

Depuis quelques années, nous préparons la transition vers le monde de demain (2030, 2050…), celui pour lequel nous devions prendre des mesures afin qu’il ne puisse se réaliser : le monde de l’augmentation inarrêtable des températures, de la modification des traits de côte, des difficultés d’approvisionnement en eau, de la perte de biodiversité… Puis soudainement, la conjugaison d’une météo très chaude - mais en grande partie résultante d’inactions climatiques – et des conflits dans l’Est de l’Europe nous plonge aujourd’hui dans ce monde de demain. Nous avions pourtant compris que ce nouveau monde se profilait plus vite que prévu, avec l’émergence récente de programmes d’adaptation et de résilience de court et moyen terme au cœur de la transition de long terme.

Sur les quatre segments fondamentaux de notre environnement (énergie / climat, biodiversité, eau et ressources minérales), cette année 2022 nous entraine dans un monde de pénuries. En quelques mois, nous sommes passé du modèle « abondance de l’offre et politique de la demande », c’est-à-dire d’un système ou l’offre en biens, produits, matériaux devait pour toujours répondre à la demande et où il suffisait d’aiguillonner cette dernière pour la contenter en puisant dans nos réserves infinies, à un modèle « pénurie de l’offre et demande non honorée ». 

  • Dans notre pays, pourtant côtiers et montagneux, c’est-à-dire avec un cycle de l’eau court, la ressource en eau a manquée. Nous étions mobilisés sur les questions de qualité des eaux, nous le sommes désormais aussi sur la quantité et la disponibilité. 
  • Les chaînes de production se grippent faute d’approvisionnements suffisants en matière première, et en particulier celles de la transition numérique et environnementale (métaux stratégiques, terres rares, mais aussi métaux, matériaux de construction…). 
  • Lorsqu’elle n’a pas simplement disparue dans les grands feux inédits de l’été, la diversité animale se réduit, fragilisant les écosystèmes - dont notre espèce fait évidemment partie - avec des conséquences inconnues sur ses effets directs et indirects, nous plongeant ainsi dans l’inconnu. 
  • Les énergies vont rapidement devenir rares et donc chères. Chaque jour, des ménages et des entreprises nous alertent sur la fin de mois et sur l’explosion des coûts de production liés à cette pénurie énergétique. Nos programmes pluriannuels de rénovation énergétique restent nécessaires, mais l’horizon 2050 s’est rapproché et le pas de temps n’est plus le bon pour répondre aux préoccupations d’aujourd’hui.

Hier, la sobriété faisait au mieux sourire. Le principe s’impose désormais en 2022, et rejoins l’adaptation nécessaire pour 2030 et la transition écologique qu’il faut opérer avant 2050.

Le risque du temps court, c’est d’oublier le temps long. Il nous faut assumer et stabiliser les modèles de production énergétiques locaux et décarbonés (nucléaire, ENR, diminution des consommations…), exploiter les ressources minérales locales en accélérant la substitution et l’usage des nouvelles matières premières de recyclage, identifier et protéger les écosystèmes du vivant et protéger nos ressources en eau, ce qui sera sans aucun doute le plus grand défi de notre génération et des suivantes (l’eau de nos robinets est déjà tombée 1000 fois sur terre sous forme de pluie et a déjà 1000 fois été bue, mais au cours de cycles beaucoup plus longs que le temps d’une vie humaine).

Nous pouvons le faire.

Roland MARION

Conseiller régional des Pays-de-la-Loire, délégue à la transition écologique et énergétique

Adjoint au Maire de Saint-Léger-de-Linières, investi des sujets environnementaux, de biodiversité et de la transition écologique


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